Our second speaker is Joseph Madimba, a doctoral researcher in public law who will address the relationship between artificial intelligence and the environment, a question that has become both legally and ecologically urgent. So, hi everybody. I will speak in French because my English is not good. But my PowerPoint is in English. So, alors, mon sujet de présentation effectivement porte sur l'intelligence artificielle et l'environnement. L'idée étant d'étudier les rapports entre l'intelligence artificielle en tant qu'outil, en tant que technologie, et la matière environnementale. Alors quelles sont les conséquences ou quel est l'impact de l'intelligence artificielle sur l'environnement? Est-ce un impact positif ou un impact négatif? Et donc, c'est ce que nous allons tenter de voir ensemble assez rapidement.Très bien. Donc, j'ai pensé axer mon intervention sur un rapport qui a été rendu récemment par cet institut des Nations Unies, qui s'occupe des questions de l'eau, et qui a rendu un rapport justement pour étudier l'impact de l'IA sur les ressources environnementales, notamment l'eau, l'énergie, quel est le coût finalement de... De l'IA. Et donc, pour juste faire un petit aperçu déjà de l'importance de l'intelligence artificielle dans le monde contemporain, il faut tenir qu'entre 2023 et 2033, il y aura une avancée, une évolution en termes de budget alloué ou produit par l'IA qui passerait de l'ordre de 189 milliards de dollars pour atteindre effectivement les 5 000 milliards de dollars d'ici 2030. Donc c'est pour vous dire l'importance de l'IA. Mais en même temps, tout de suite, on peut observer une chose, c'est que... Il y a à peu près, pour ce qui est de l'année 2025 uniquement, on va dire en termes de ressources énergétiques, en termes de ressources électriques, le fonctionnement de l'IA a nécessité... 448 TWh.ce qui équivaut, pour avoir un ordre d'idée, aux besoins en électricité d'un État comme la France. Voilà, pour vous donner un ordre de grandeur. C'est vous dire combien est-ce que l'IA a besoin effectivement de ressources, notamment en termes d'énergie. Et donc, simplement ici, une autre donnée qui touche cette fois-là effectivement moins à l'environnement, mais plutôt à l'aspect social ou aux conséquences sociales de l'IA, c'est qu'on a à peu près 78% des entreprises qui envisagent effectivement pouvoir recourir ou réduire leur personnel pour justement insérer l'IA dans leur fonctionnement. Alors, j'ai l'annoncé, donc on va pouvoir commencer dans un premier temps pour voir quels sont les bénéfices finalement de l'IA en matière environnementale, en quoi est-ce que l'IA peut aider à pouvoir résoudre la question de la dégradation environnementale. Alors nous allons voir quelques points qui sont les plus essentiels. J'en ai retenu quelques-uns. Dans un premier temps, il y a effectivement la question de l'importance que peut avoir l'IA dans les différentes études qui sont menées sur la dégradation environnementale. On peut par exemple considérer qu'il y a des... Des études, des cartographies qui sont menées sur des espaces tels que des forêts et qui permettent d'étudier, n'est-ce pas, dans un temps plus...moins court comparé effectivement au temps qu'aurait mis les études humaines ordinaires sur les mêmes sujets. Donc l'IA permet de ce point de vue-là d'avoir une sorte d'anticipation sur les risques environnementaux de l'activité humaine, ce qui constitue effectivement un atout dans la mise en place ou disons dans la réalisation ou l'opérationnalisation d'un principe qui est celui effectivement de précaution en termes d'environnement. Ensuite, sur la question de l'agriculture, on peut également relever le fait que l'IA permet de réduire l'usage ou l'utilisation de ressources pour pouvoir atteindre plus d'efficacité dans la production agricole. Et par exemple, la réduction notamment de certains pesticides, puisque l'IA permet de pouvoir calibrer véritablement à quel moment est-ce qu'il faut pouvoir faire des mises en terre, à quel moment il faut récolter, à quelle période, avec des projections qui sont tout aussi intéressantes. Et donc la réduction de ressources, notamment en eau, ou alors la réduction du recours à des pesticides, a effectivement un impact sur la protection de l'environnement, ou sinon la limitation de la dégradation environnementale. Ensuite, sur la question de l'énergie, notamment de l'énergie solaire et de l'énergie éolienne, l'IA permet effectivement de pouvoir, tout aussi dans le calibrage ou dans les projections que l'IA peut permettre, de savoir véritablement à quelle période est-ce que l'on peut...compter davantage sur un rayonnement beaucoup plus important du soleil et le sens du vent et la force du vent justement pour pouvoir maximiser la production de l'électricité axée sur l'énergie solaire ou alors sur l'énergie éolienne. Et puis un autre point également est celui effectivement des questions logistiques que peut permettre aussi l'IA justement de pouvoir connaître un usage plus optimal. Alors, quelques données, je pense que ça rentre en lien effectivement à ce que j'ai pu déjà évoquer. Donc, c'est peut-être juste pour voir un peu quel est... Quels sont encore une fois les impacts de l'IA. Alors là, il y a par exemple la question de la réduction de l'énergie des data centers de Google DeepMind qui a permis de pouvoir réduire de 40% le recours à l'énergie électrique. Donc encore un point positif qu'on peut relever à cet égard-là. Alors, on a vu effectivement les avantages assez vite fait. On peut également faire un petit point sur les risques. Et bien entendu, sur les risques, il y a...beaucoup à dire, même si on a tendance effectivement, lorsqu'on parle d'IA, de croire que c'est un outil qui est neutre, puisqu'on a un petit gadget entre ses mains et on invisibilise un peu le coût qu'il y a derrière. Mais ces avantages qu'on a pu énumérer sont en quelque sorte absorbés par les risques qui sont liés effectivement au développement de l'intelligence artificielle. Alors, parmi ces risques, j'en évoquais déjà un en introduction, il y a donc effectivement la nécessité pour l'IA dans son développement de s'appuyer sur de fortes ressources, notamment électriques. Il faut également tenir que, alors quand je parlais tout à l'heure de la France, il faut simplement avoir un ordre d'idée. Le fait que la capacité de la France, lorsqu'on parle des 448 TWh, effectivement, c'est tout simplement la capacité d'un État qui occupe la 11e place mondiale. Donc c'est autant vous dire combien est-ce que l'IA a besoin de s'appuyer sur ces ressources-là. Alors c'était le premier risque effectivement qui est lié à l'énergie. Le deuxième risque est lié à l'impact carbone. Il faut tenir que pour la seule année 2025, le fonctionnement de l'IA a pu produire 180 000 tonnes.d'équivalent CO2, effectivement. Et donc ça, ça a un impact en termes de dioxyde de carbone sur l'environnement. Et un autre élément que je trouvais également assez intéressant, c'est que d'ici 2030, mais en réalité déjà avec rien que l'entraînement de Tchad-DPT5, on estime à peu près à 42 000 tonnes d'équivalent CO2 qui pourront être déversées dans l'atmosphère. Et avec en termes d'efforts qui pourraient être faits pour contrebalancer effectivement cette production ou cette incidence du fonctionnement de l'IA sur l'environnement en matière de production de gaz carbonique, on a... Dans un ordre d'idée, c'est que pour pouvoir absorber cette quantité de CO2 émis dans le fonctionnement de l'IA, rien que pour Chadipiti 5 par exemple, on aurait à peu près besoin de planter 700 000 nouveaux arbres pour pouvoir atteindre des foyers de captation de CO2 et essayer d'aplanir cet impact en termes de production de CO2. Alors, un autre risque que j'ai pu également retenir, effectivement, c'est la question du refroidissement, puisque là, effectivement, c'est sans...des datas synthères qui ont besoin dans leur fonctionnement de refroidissement, lequel refroidissement a besoin d'eau. Et la capacité qui est effectivement indiquée est une capacité qui équivaut à peu près à la consommation de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne. Donc c'est juste pour avoir un ordre d'idée en termes de consommation d'eau dans le fonctionnement des datas synthères de l'IA. Alors, là également, il y a la question, on va dire, de l'occupation aussi de l'espace. Et je peux faire un petit point assez rapide, c'est que l'espace dont a besoin effectivement toute l'industrie liée à l'IA, effectivement, atteint les 6900 km². Et donc ça, ça équivaut à peu près à la surface du Grand Londres, effectivement, rien que pour les données que l'on peut avoir pour l'année 2025. Alors, un autre point, effectivement, c'est celui des inégalités sociales dans le monde. Et là, il faut tenir que 50% des data centers sont identifiés ou sont situés aux États-Unis. Donc, on voit à peu près en termes d'ordre ce que ça représente. Donc, on a la moitié des data centers, effectivement, qui...qui se retrouvent aux États-Unis. Et comme vous pouvez voir sur cette image, il y a de plus en plus, en mai 2026 par exemple, on a des populations de cet État des États-Unis qui ont pu manifester pour rejeter l'idée de la mise en place d'un nouveau data center dans leur État. Et puis, une autre donnée, c'est que 90% des capacités de l'IA sont concentrées uniquement au niveau des États-Unis et de la Chine, avec aussi... Une autre donnée que je relevais déjà, c'est qu'il y a 40% des employés qui envisagent de pouvoir réduire leur effectif. De salariés pour justement pouvoir introduire l'IA dans leur fonctionnement. Donc là, on peut voir bien les tensions entre l'IA, le recours à l'IA, et les intérêts plus directement concernant les personnes ou les individus. Et donc, s'il me reste encore un peu de temps... Très bien. Très bien, donc je pense que je vais y arriver. Alors, l'idée que je trouvais assez intéressante, c'est finalement de se dire, est-ce que l'on peut proposer des solutions à cet écart, à ce paradoxe entre les bénéfices de l'IA pour l'environnement, d'une part, et d'autre part, les conséquences négatives de l'IA en termes de dégradation de l'environnement, puisque l'IA a besoin, comme on a pu le voir, de s'appuyer sur des ressources.C'est conséquent. Donc, il y a le premier élément qui est repris dans le rapport, justement, des Nations Unies, c'est la question de la transparence. C'est qu'aujourd'hui, il y a encore tellement de données qui sont relatives, effectivement, au fonctionnement de l'IA, qui ne sont pas diffusées par les différentes entreprises qui évoluent dans ce secteur-là. Et donc, il faudrait parvenir à plus de transparence, et pour des raisons qui sont assez évidentes. On sait que les États-Unis, avec leur politique de protectionnisme assez poussée de leurs entreprises, ça fait que les données fuient très difficilement. Et pareil pour la Chine aussi, dont on sait que le régime communiste en place n'est pas toujours très féru, on va dire, de transparence. Un deuxième élément, effectivement, c'est aussi celui de pouvoir véritablement... Penser à une forme d'économie circulaire, puisque, par exemple, dans le cadre d'un risque que j'ai peut-être passé rapidement sous silence, c'est qu'en termes de déchets qui sont liés au fonctionnement de l'IA, dans toute la chaîne de production, il faut considérer, pour l'année 2025 uniquement, c'était l'équivalent à peu près de 250 tours Eiffel. C'était l'ordre d'idée qui est à peu près dans le rapport des Nations Unies. Donc ça veut bien dire l'importance en termes notamment de pollution de l'environnement. Et puis la question de l'équité, puisque j'évoquais bien entendu tout à l'heure le fait qu'il y a parfois des disparités sociales entre les États qui détiennent effectivement cette ressource, cet outil.qui le développe d'un côté, alors que les conséquences, notamment négatives, sur l'environnement, elles se répercutent sur l'ensemble des populations mondiales, puisque la dégradation environnementale ne touche pas que les pays, par exemple, qui sont les plus pollueurs. Et puis il y a la question de la justice environnementale, bien entendu, qui tend à aller vers la prise en compte des intérêts des populations qui sont les plus touchées, puisqu'on sait par exemple que pour le fonctionnement de l'IA, avec toutes les ressources que cela demande, il faut aller extraire des ressources, et ces ressources-là, généralement, sont extraites très loin des centres de production ou d'implémentation de ces technologies-là. Et notamment, on le retrouve en Afrique, où on peut avoir effectivement des populations qui sont impactées directement par l'extraction des minerais qui doivent servir à alimenter l'industrie de l'IA et comme l'industrie technologique. Et donc, il y a la question de la coopération internationale, pour terminer rapidement. Et la coopération internationale, pourquoi? Puisque l'IA, tout comme l'environnement, sont des questions qui transcendent les frontières des États. Et les solutions à pouvoir mettre en place pour un usage, on va dire, responsable ou soutenable de l'IA, nécessitent qu'il y ait une coopération entre les différents États. Et donc, c'est peut-être de cette façon-là que l'on peut parvenir à faire de l'IA, on va dire, un outil qui soit au service non seulement de l'environnement, mais aussi des différentes communautés dans les États. Donc, je vous remercie et je vous laisse à votre disposition pour les questions.Merci. Merci déjà pour ta présentation, super intéressant. Moi j'ai une question, est-ce que tu penses que la religion a un rôle à jouer en termes d'arbitrage sur l'usage de l'IA, au regard par exemple qu'aujourd'hui on le sait, l'arbitrage de conflits, l'arbitrage de déplacements de population, on peut éditer des textes, on peut avoir des organisations qui sont présentes pour gérer ces aspects-là, mais on le sait au fond, c'est pas comme ça que ça marche, il y a des sanctions, mais c'est pas comme ça que ça marche non plus. Quel est le rôle de la religion dans tout ça? D'accord. Je vais y répondre très rapidement, mais est-ce que je peux juste avoir quel est votre domaine d'études, de formation ou de travail? Moi, j'étais en CPGE avec le plus haut pérouchon. D'accord. D'accord, très bien. Parce que c'est une question qui touche un peu au droit et à la force du droit, lorsqu'on parle de la médiation. Alors, c'est quelqu'un qui a, on va dire, quasiment sept ans de droit derrière lui, qui vous répond qu'il ne croit pas tellement en la force du droit, et encore moins du droit public, puisque généralement, le droit, c'est un outil qui est au service de la politique. Et peut-être le lien que je pourrais essayer de faire, c'est entre la politique et la religion. Et de ce point de vue-là, je sais que lorsqu'on parle des États, notamment occidentaux, il y a la question de la laïcité qui fait que l'État prend ses distances vis-à-vis de la religion. N'empêche qu'il y a eu effectivement...d'encyclique très récemment du pape, qui a produit une réflexion. Je ne l'ai pas encore regardée de très près, j'en ai lu quelques résumés, et effectivement, je pense que la religion a son rôle, mais la religion, tout comme toutes les autres forces sociales, chacun d'entre nous a un rôle. Alors peut-être un élément que je n'ai pas relevé, mais que j'aimerais quand même pouvoir ici distiller, c'est que l'impact de l'IA est beaucoup moins important en termes de toute la chaîne de production qu'en termes d'usage. Pour avoir un ordre d'idée, par exemple, une recherche qui est faite sur Google consomme moins d'énergie, dix fois moins d'énergie qu'une recherche qui est faite simplement sur l'IA. Et encore, sur l'IA, chaque fois qu'on a un échange, chaque fois qu'on demande par exemple la production d'une vidéo, c'est quelque chose de tellement banal, mais derrière ça, il y a effectivement une mobilisation de ressources assez conséquente. Je pense que nous avons tous notre rôle à jouer, et peut-être la religion aussi dans cet ordi-là. Une autre question?Il n'y a aucun souci, de toute façon, on est ensemble, toi et moi, donc on se voit très souvent. Ça va être avec plaisir, en tout cas. Merci.